Le dépistage


Voici maintenant un exposé du Docteur Gaëtan Des Guetz
Service d'Oncologie à l'Hôpital Avicenne (Bobigny) 


Le cancer colorectal est un cancer fréquent. Il s’agit du 3ème, par ordre de fréquence chez l’homme, après ceux de la prostate et du poumon et le 2ème chez la femme, après le sein. On estimait en 2000, à 36000 le nombre de nouveaux cas de cancers colorectaux. C’est aussi un cancer grave puisqu’il occupe le deuxième rang en terme de mortalité, avec près de 16000 décès par an, soit 44 décès par jour. Mais c’est pourtant un cancer guérissable, en effet, bien que la survie relative tous stades confondus soit de 57% à 5 ans, lorsqu’il est découvert à un stade superficiel, la survie à 5 ans est par contre de 90%. Ces deux raisons, importance du nombre, gravité si découvert tardivement justifient le principe du dépistage.

Mais que signifie un dépistage organisé ? Il consiste à proposer un test de dépistage, à la population où l’on observe ce type de cancer (hommes, femmes, au-delà de 50 ans), apparamment en bonne santé, pour y découvrir une maladie débutante. Dans le cas du cancer du colon, le test est l’hémocult II® ; le but est de rechercher du sang dans les selles (photo ci-jointe). En effet, la plupart des polypes et des cancers saignent dans l’intestin. Ce test simple, consistant à déposer quelques grammes de selles sur un petit carton, et révélant ainsi cette anomalie, pourrait permettre, s’il est bien réalisé tous les 2 ans sur l’ensemble de la population concernée, de réduire la mortalité par ce cancer de près de 17%.

Mais il faut souligner, qu’il s’agit d’un dépistage organisé, de masse, à la différence d’un dépistage individuel. Celui-ci est basé sur la coloscopie. La coloscopie est le meilleur moyen de détecter un polype ou un cancer débutant et de le retirer (photo ci-jointe). Il n’y en a d’ailleurs pas d’autres ! La coloscopie doit être proposée en cas de test positif. De même si le patient a lui-même ou dans sa famille, un ou des antécédents de cancers ou de polypes, il doit voir son gastroentérologue et en parler, il ne rentre plus dans le cadre du dépistage de masse mais du dépistage individuel.

Au total, le cancer colorectal, à l’image du cancer du sein, ne doit plus être caché. Il est temps que ce cancer mal connu, sorte de l’ombre pour être accepté et mieux pris en charge, à tous les niveaux.